Zone de Texte:      Qui de ma génération, ne se souvient pas de la petite forêt et de l'intarissable fontaine de l'Oued Kiss ?
Les peupliers portent toujours les stigmates de graffitis indélibiles qui témoignaient d'une époque où les films de Tarzan et T'chita faisaient leur effet psychologique dans l'esprit des adoléscents. Des lassos avaient été accrochés de part et d'autre des branches de façon à ce qu'ils permettent des déplacements aisés et sans risques. Juste au dessous des arbres , se trouvait une mare telle un petit barrage construit par des mains habiles et où, jeunes et adultes s'adonnaient à l'exhibition de leurs plongeons périlleux.DJED Noureddine, un pipeau dans sa main, fredonnait d'un rythme presque parfait, quelques chansons de Raj Kapoor. L'écho de sa douce voix ajouté aux murmures de la rivière, nous faisait revivre l'histoire du film indou '' Mangala fille des Indes''... Un autre groupe de jeunes qui ne trouvaient pas mieux que de soulever de grosses pierres en guise d'un quelconque entraînement de musculation se mesurant dans leur égocentrisme aux fameux Hércule et Masciste.
A quelques centaines de mètres, vers le sud, s'étalait la pinède. Elle ne manquait pas de charme et se dressait au dessus de l'Oued telle un pasteur qui gardait paisiblement son troupeau. C'était sous ses arbres ombragés que nous préparions notre examen de C.E.S . Nous y avions passé presque un mois sans en rater un seul jour pour réviser nos leçons dans la totale quiétude. La seule discipline qui tenait à coeur mes compagnons était les maths; pour moi, j'en avais terminé avec le programme de l'année., En effet, j'étais très sollicité par mes camarades qui voyaient en moi le meilleur prof.
Je les ai aidés avec plaisir et enthousiasme. A quelques mètres de la fontaine, s'asseyait H'MIDA EL OUJDI, le façonneur des Canastas (Paniers de roseau). Il était un vrai professionnel dans ses oeuvres. Nous trouvâmes un énorme plaisir de nous asseoir à ses côtés pour écouter d'une tendre oreille , ses étranges récits. Son visage oblong cachait à peine les affres d'une vie dure et disgracieuse. Aussi jovial qu'il était, il ne cessait de nous exhorter aux études pour ne pas connaître le sort qu'il avait connu. Il était pour nous un vrai ami avec qui, nous partagions notre joie et notre malheur.Une autre personne , plus ou moins importante, avait laissé son empreinte dans cette zone.
Il s'agit de l'intrépide HAROUNI Ahmed dit EL HABBAT, fort connu pour son insoumission aux lois. Il était un homme dur et loyal. Tout le monde craignait son emportement et son ire. Il traînait presque toujours une brouette dans laquelle il posait un fût de 200litres auquel s'ajoutaient une pelle, une pioche et une fourche. Aussi ponctuel qu'il était, il portait avec lui un grand réveil ce qui lui procurait une place exceptionnelle dans l'ordre des sibyllins de son temps....
 L.KERZAZI le 05/06/2007

LA PETITE FORET, LA PINEDE

Zone de Texte:     Cette sainte dont le cénatophe repose paisiblement sur le flanc du mont ''Tafoughalt'', ne manquait à aucun moment d'accueillir un monde hétéroclite de visiteurs. Les us des Ahfiriens et Ahfiriennes, fusent sur un seul dessein : se rapprocher de cette sainte pour avoir la bénédiction de son âme afin de surmonter tous les obstacles psycho-sociaux qui se pointaient au travers de leurs parcours et guérir les maux dont les vertues de la médecine moderne en seraient dépassées.C'étaient les fantasmes  issus de la crédulité des gens dans une époque où la précarité et la modestie encourageaient ces vaines croyances
Chaque Vendredi, l'itinéraire Ahfir - Lalla Halima, connaissait un mouvement intense d'excursionnistes. Enfants, jeunes et vieillards, défilent tout le long du chemin tout en humant l'irône du romarin et en contemplant un paysage beau et fascinant.
Par une journée ensoleillée avec un ciel radieux et une atmosphère favorable à toutes randonnées bienfaitrices, nous décidâmes, moi et mes amis, d'aller bivouaquer  dans ce site féérique après que nous ayions auparavant ,ficelé tous les préparatifs. A notre sortie d'Ahfir; nous empruntâmes les sentes tortueux et parfois difficiles d'accès,en guise de raccourcis pour atteindre les lieux prédestinés dans un temps record.  Une fois arrivés, nous déballâmes nos effets sous un énorme  figuier où nous fîmes une petite pause avant de nous lancer dans l'exploration de la région. Las d'une longue marche, nous revînmes à notre berceau pour nous reposer un moment et assouvir notre faim par le peu de nourriture qui était à notre disposition. Au retour, nous dévalâmes les méandres de la rivière d'El Marjia jusqu'au pont de la ferme Boutane où nous nous trouvâmes sur la route nationale qui relie Ahfir et Berkane. Très satisfaits et pleins d'engouement,nous retournions chez nous tout en affichant  le grand espoir de refaire un jour ,cette inoubliable et fructueuse excursion.
(Souvenirs ) - L.KERZAZI  le 07/06/2007        suite...

LA SAINTE  LALLA HALIMA EL MARJIA